Robert Charlebois

Robert Charlebois

  • Auteur et/ou compositeur
  • Interprète
  • Artiste québécois
  • 1944

La boîte aux paroles

Retrouvez cet artiste sur le site La boîte aux paroles.

Ressources web

Biographie

Celui qui fut le premier Garou et demeure l’unique Super Frog du rock et de la chanson au Québec conserve sa faculté de surprendre, 45 ans après son premier album qui était couronné du Grand prix du disque 1965. Celui qui proposait alors un “Hommage à Joâo Gilberto" inclut à son récent opus de 2010 un texte de Mozart et un autre de Saint Augustin! Après un intervalle de neuf ans depuis sa dernière livraison de chansons inédites, il peut affirmer de plein droit que “Tout est bien“.

L’icône de la chanson québécoise réinventée, Robert Charlebois affiche en effet sa passion pour les notes et les mots depuis le milieu des années soixante, quel que soit le genre musical abordé. Ce n’est pourtant qu’en 1968, avec la chanson “Lindberg" et le spectacle l’Osstidcho, un happening iconoclaste multidisciplinaire, qu’il se fait remarquer du grand public par son anticonformisme. Ce véritable branle-bas musical sonne le glas de l’ancienne polarisation yé-yé versus chansonniers (c’est d’ailleurs le thème d’un des spectacles qui ont précédé l’Osstidcho) et, à travers un itinéraire temporairement underground, la naissance d’une nouvelle chanson pop débarrassée de ses complexes.

Des textes en joual et des arrangements musicaux à mi-chemin entre le rock et le jazz en font un produit qui se démarque de tout ce qui avait existé avant lui. Il y aura donc l’avant et l’après Charlebois. Au plus fort des années dites de contre-culture, on le retrouve sur tous les fronts: cinéma (Jusqu’au coeur, À soir on fait peur au monde), revues musicales thématiques (Terre des bums, Peuple à genoux et le bide Superarchipelargo), télévision (délirant spécial tourné à l’Île d’Orléans, dans les décors de la série D’Iberville, en compagnie de Tex Lecor, Nanette et les Sinners) sans oublier la scène où il défie les conventions établies.

Outre les diverses incarnations de l’Osstidcho (...King Size, ...meurt), la participation de la tribu Charlebois au Musicorama de l’Olympia de Paris, au printemps 1969, où il partage l’affiche avec Antoine et Georgette Plana tout comme l’épopée du Festival Express, supposé traverser le Canada en train avec à son bord une véritable arche de Noé (dont les groupes Grateful Dead, The Band, Mashmakhan et des gens comme Buddy Guy, Eric Andersen, sans oublier Janis Joplin) mais qui se contentera de trois escales, sont depuis longtemps entrés dans la légende.

Artiste dérangeant, il ne cesse pourtant de récolter de nombreux prix et récompenses tant chez lui qu’à l’étranger, notamment à Spa, en Belgique, et à Sopot, en Pologne. Au début des années soixante-dix, après quelques années de ce régime survolté, il effectue une réflexion sur lui-même et sur son métier de superstar qui se résume fidèlement dans la chanson “Ordinaire". Cette période de réorientation est aussi marquée par la création de ses propres maisons de production et d’édition: Solution et les Éditions Conception.

Maintenant accepté par tous les intervenants du monde artistique, il représente la génération montante au spectacle d’ouverture de la Superfrancofête le 13 août 1974, événement immortalisé sur l’album “J’ai vu le loup, le renard, le lion“, aux côtés de Félix Leclerc et de Gilles Vigneault. Trois générations, trois façons de voir la société québécoise qui se rejoignent pourtant dans les aspirations d’un peuple en quête de son identité.

Sentant remonter à la surface ses élans de comédien (il avait déjà participé entre autres à quelques téléromans), il tourne bientôt dans une co-production internationale: Un génie, deux associés, une cloche de Sergio Leone. Il poursuit alors une carrière internationale, amorcée vers 1969 à l’Olympia de Paris, mais dorénavant dans un autre registre. Il navigue maintenant aux confins de la Variété qu’il revendique comme un art à part entière, reprenant sur scène le standard de Hoagy Carmichael, “Stardust" sous le titre “Poussière d’étoiles".

À partir de ce moment, il mène sa barque à sa guise, dégagé des trop lourdes attentes de ses fans. Cependant, malgré sa curiosité artistique et ses incursions dans divers styles musicaux, il demeure fidèle à ce qui forme désormais son univers, comme en témoignent “Le p’tit bonhomme gris", un hommage à son compère Philippe Gagnon, ou “Le retour de Joe Finger’s Ledoux". En 1993, avec son cousin Jean Charlebois, il conçoit et réalise “Cartier“, un opéra-rock faisant appel à des artistes de diverses disciplines, diffusé sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

Comme il l’a lui-même raconté, c’est l’argent reçu pour l’utilisation de l’une de ses chansons dans une publicité de bière, qui lui a permis de fonder la microbrasserie Unibroue. Il s’attaque ainsi à un autre volet de la culture de ces contemporains: leur consommation de houblon. Plusieurs années plus tard, après avoir autocommandité sa gigantesque Maudite tournée (du nom d’une de ses bières) qui s’étendra sur plusieurs années, il se retirera de l’entreprise qui sera finalement absorbée par un concurrent.

Avec ses albums “Immensément“, “Le chanteur masqué“ et ses spectacles en cascade, il continue dans les années quatre-vingt-dix, à se partager entre le monde musical et celui des affaires. Pour terminer le siècle et le millénaire en beauté, il s’attelle à une tâche inédite: la création et la production d’un première tragédie musicale, mise en scène par Robert Lepage et en musique par Gilles Ouellette. L’intrigue de “Jean-sans-nom“ se situe dans le Bas-Canada en 1837 et est inspirée d’un roman méconnu de Jules Verne, Famille-sans-nom, publié en 1888.

Après avoir passé l’année 2000 en France, il revient au Québec et s’entoure d’une équipe renouvelée pour la réalisation de l’album qui marque un retour à un Charlebois plus dépouillé. Sur des sonorités country ou folk-pop, “Doux sauvage“ est à la fois le plus intime des albums de Robert Charlebois depuis des lunes et un clin d’oeil à la nouvelle génération. “Les Américains", par exemple, rejoint la simplicité volontaire d’un Urbain Desbois avec sa mélodie sans mots et s’avère une des surprises dont il a toujours eu le secret. Les textes de “Doux sauvage“ sont de lui, à l’exception de la reprise de “Witchitai-to", et presque toutes les mélodies sauf cette dernière qui est de Jim Pepper et “C’était une très bonne année" où les connaisseurs reconnaissent un des classiques de Frank Sinatra. “Si", “Les ondes" ou “Mon meilleur ami", celle-ci dédiée à Eddy Barclay, ont des propos autobiographiques, tandis que “J’y arrive pas", “Alcool" et “Au lieu de travailler" renouent avec le Garou pince-sans-rire et semblent promises à une plus large diffusion.

Ayant repris la route à la mi-octobre 2001 avec son nouvel équipage, le Charlebois nouveau se paye une véritable cure de jeunesse et, ayant tourné la page sur son aventure brassicole, redevient un artiste de scène à temps plein. À l’automne 2005, ayant rapatrié l’essentiel des droits liés à son répertoire antérieur, il lance une compilation de ses chansons les plus marquantes en deux éditions, concentrée ou plus élaborée comme l’avait fait Michel Rivard l’année précédente, sous le titre “Tout écartillé“, cela au moment d’entreprendre une nouvelle tournée du même nom.

La première décennie des années 2000 est d’ailleurs marquée d’une présence sur scène accrue pour le plus célèbre frisé de notre chanson. Le spectacle Tout écartillé, qui est l’objet de multiples enregistrements-témoins (CD, DVD et coffret combo) à peine un an après la parution de la compilation, est bientôt suivi d’une tournée intitulée Avril sur Mars où sont ravivés plusieurs titres moins connus, appuyés de sections de cuivres et de cordes avant de faire place à Avec tambour, ni trompette, qui reprend une sélection résumant son parcours.

Parallèlement à sa plus récente tournée, Robert rallie quelques compères de ses débuts et monte un spectacle en hommage aux lieux mythiques qui ont vu les débuts d’une chanson locale fortement identitaire, au moment où la chanson pop américaine s’imposait de façon massive. Baptisé Il était une fois... la boîte à chansons, le spectacle réunissant Pierre Calvé, Claude Gauthier, Pierre Létourneau ainsi que son vieux pote Jean-Guy Moreau est présenté à plus d’une centaine de reprises à partir du printemps 2009 et continue sur sa lancée. Un jeune auteur-compositeur du nom de Jérôme Charlebois en assure la première partie. La centième représentation est marquée par le lancement de l’album du spectacle intégral “Il était une fois... la boîte à chansons“, enregistré à Québec, au Théâtre Petit Champlain.

Pendant ce temps, l’infatigable Garou donne forme à ses plus récentes inspirations et livre son vingt-et-unième album studio “Tout est bien“ à la mi-octobre 2010, au grand plaisir de la galerie.

On peut visiter le site officiel des Robert Charlebois.

© Richard Baillargeon, Roger T. Drolet, 2015, qim.com

Œuvres populaires

Albums

Titre Année Artiste(s)
Robert Charlebois Volume 2 1966 Robert Charlebois
Québec Love 1969 Robert Charlebois
Un gars ben ordinaire 1970 Robert Charlebois
50 ans, 50 chansons Robert Charlebois
Robert Charlebois Volume 1 1965 Robert Charlebois
Sensations 1966 Robert Charlebois, Bruce Mackay
Robert Charlebois 1997 Robert Charlebois
Terre des Bums 1967 Robert Charlebois, Jean-Guy Moreau, Mouffe
Lindberg 1968 Robert Charlebois, Louise Forestier
Jusqu’au coeur 1968 Robert Charlebois, Mouffe
Down in the south / la fin du monde 1968 Robert Charlebois, L’ Osstidcho
Jouez québec / québec sait faire 1969 Robert Charlebois, Marthe Fleurant
Tout écartillé 1969 Robert Charlebois, Rock Libre Du Québec
Autre chanson pour la même mouffe / c’est pour ça 1969 Robert Charlebois
La marche du président / engagement 1970 Robert Charlebois, Louise Forestier
Les ailes d’un ange / te v’la 1970 Robert Charlebois
Miss Pepsi / Deux femmes en or 1970 Robert Charlebois, Mouffe
Ordinaire / mon pays 1970 Robert Charlebois
Normale / phoebus et borée 1970 Robert Charlebois
La solitudine / 1941 1970 Robert Charlebois, Patty Pravo
Robert Charlebois 1971 Robert Charlebois
Beige neige 1971 Robert Charlebois
Y a sa pichou / deux femmes en or 1972 Robert Charlebois
Zwyczajnie 1972 Robert Charlebois
Halloween in hollywood 1972 Robert Charlebois
Limoilou 1972 Robert Charlebois
Conception / le mur du son 1972 Robert Charlebois
Les grands succès de robert charlebois no2 1972 Robert Charlebois
The greatest idea 1972 Robert Charlebois
Les grands succès de robert charlebois 1972 Robert Charlebois
Cauchemar 1973 Robert Charlebois
The Best of Charlebois 1973 Robert Charlebois
Je rêve à rio / manche de pelle 1974 Robert Charlebois
Urgence / je rêve à rio 1974 Robert Charlebois
La marche du président 1975 Robert Charlebois, Félix Leclerc, Gilles Vigneault
L’agression (bande originale du film de gerard pires) 1975 Robert Charlebois
Les grands succès barclay vol. 21 1975 Robert Charlebois
Quand les hommes vivront d’amour 1975 Robert Charlebois, Félix Leclerc, Gilles Vigneault
Quand les hommes vivront d’amour 1975 Robert Charlebois, Félix Leclerc, Gilles Vigneault
Gilles vigneault chante avec robert charlebois et felix leclerc 1975 Robert Charlebois, Félix Leclerc, Gilles Vigneault
1 fois 5 (CD + DVD) 2010 Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée, Gilles Vigneault
Moi tarzan, toi jane 1976 Robert Charlebois
Sombres vacances (instrumental) 1976 Robert Charlebois
Je reviendrai a montreal 1976 Robert Charlebois
Je reviendrai a montreal / discobol 1976 Robert Charlebois
The frog song 1976 Robert Charlebois
Disque d’or 1976 Robert Charlebois
Live de paris 1977 Robert Charlebois
Swing Charlebois Swing 1977 Robert Charlebois
Chante avec charlebois 1977 Robert Charlebois
Robert charlebois 1977 Robert Charlebois
Coup d’soleil 1977 Robert Charlebois
Disque d’or vol. 2 1977 Robert Charlebois
L’histoire de Robert Charlebois 1977 Robert Charlebois
Cauchemar 1978 Robert Charlebois
Super baby 1979 Robert Charlebois
Katabolo 1979 Robert Charlebois
Super baby 1979 Robert Charlebois
Faut qu’ça change 1981 Robert Charlebois
Meurs pas 1981 Robert Charlebois
Heureux en amour? / sous mes draps 1981 Robert Charlebois
Pobré julio 1982 Robert Charlebois
Pobre julio / heureux en amour? 1982 Robert Charlebois
News 1982 Robert Charlebois
Les talons hauts 1982 Robert Charlebois
Album or 1982 Robert Charlebois
Fais semblant / la fiancée qui venait du froid 1983 Robert Charlebois
Robert charlebois 1983 Robert Charlebois
Consomme, consomme 1983 Robert Charlebois
J’t’aime comme un fou 1983 Robert Charlebois
Je suis monté 1984 Robert Charlebois
Zoo-diac 1985 Robert Charlebois
Honeymoon - extrait de la bande originale du film: lune de miel 1985 Robert Charlebois
Lune de miel (extraits de la bande originale du film de patrick jamain) 1985 Robert Charlebois
C’est pas physique, c’est electrique 1985 Robert Charlebois
Juke box 1985 Robert Charlebois
Charlebois, volume un 1987 Robert Charlebois
Tarari 1987 Robert Charlebois
Dense 1988 Robert Charlebois
Madonna tremblay 1988 Robert Charlebois
Yuppie 1988 Robert Charlebois
Silence on danse 1988 Robert Charlebois
J’veux pu qu’tu m’aimes 1990 Robert Charlebois
Charlebois volume 3 1990 Robert Charlebois
Volume 2 1990 Robert Charlebois
1ère période (coffret 3 disques) 1991 Robert Charlebois
Je reviendrai à montreal 1991 Robert Charlebois
Le meilleur de charlebois 1991 Robert Charlebois
Solidaritude 1992 Robert Charlebois
Charlebois 1992 Robert Charlebois
Longue distance 1992 Robert Charlebois
Solide 1992 Robert Charlebois
Heureux en amour 1992 Robert Charlebois
Robert Charlebois 1992 Robert Charlebois
Super Position 1992 Robert Charlebois
Immensément 1992 Robert Charlebois
Cartier 1992 Robert Charlebois
L’indépendantriste 1992 Robert Charlebois
Moins vieux 1992 Robert Charlebois
Charlebois 1993 Robert Charlebois
La Maudite tournée 1995 Robert Charlebois
Robert Charlebois avec Louise Forestier 1997 Robert Charlebois, Louise Forestier
Robert Charlebois (collection Québec Love) 1997 Robert Charlebois
Le Chanteur masqué 1996 Robert Charlebois
J’ai vu le loup, le renard, le lion 1974-1999 1999 Robert Charlebois, Félix Leclerc, Gilles Vigneault
Doux sauvage 2001 Robert Charlebois
Tout écartillé (double CD) 2005 Robert Charlebois
Tout écartillé (Coffret 4 CD) 2005 Robert Charlebois
Tout écartillé au National (double CD) 2006 Robert Charlebois
Tout écartillé au National (CD et DVD) 2006 Robert Charlebois
Tout écartillé au National (DVD) 2006 Robert Charlebois
Tout est bien 2010 Robert Charlebois

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettent l’analyse d’audience.