Garolou

Garolou

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Biographie

Exemple flagrant d’un métissage naturel entre la chanson traditionnelle canadienne-française et la musique rock, Garolou s’est imposé sur la scène québécoise comme un fleuron du renouveau musical de la fin des années soixante-dix. Ayant mis fin au groupe en 1983, ses cinq membres opéraient un retour sur scène dix ans plus tard, participant à divers festivals. Toujours aussi appréciés en spectacle, ils retournaient en studio à quelques mois de l’an 2000.

C’est d’abord sous le nom de Lougarou que ces adeptes de chanson traditionnelle viennent épicer leur répertoire de sonorités électriques et d’arrangements au goût du jour, établissant un contraste évident avec les nombreux ensembles revivalistes du milieu des années soixante-dix. Plutôt que d’opter pour l’instrumentation acoustique traditionnelle, les musiciens de Lougarou s’inscrivent dans la lignée des Karrik et de Louise Forestier dont ils reprennent certaines chansons. “Un bon matin", “À toi, belle hirondelle" et bien d’autres sont ainsi reformulées avec l’intensité d’un groupe rock. C’est d’ailleurs ce qui vaut au groupe l’insigne honneur de figurer en couverture du premier numéro du magazine Québec Rock, en avril 1977. Dès son départ, le quintette s’identifie comme un groupe pan-canadien, se produisant tant au Québec et en Ontario, d’où sont originaires les frères Lalonde, que dans les Maritimes d’où proviennent deux autres musiciens et où s’est opérée la genèse de leur aventure musicale. Ce premier chapitre de l’histoire du groupe prend fin quand une troupe de danse folklorique du nom des Loup-garous, sous contrat avec une autre maison de disques, somme la compagnie London de cesser de faire la promotion de Lougarou.

Qu’à cela ne tienne! Les musiciens trouvent le moyen de se retourner sur un 10 cents et proposent bientôt un deuxième album intitulé “Garolou“. Les fans s’y reconnaissent et apprécient l’astuce qui est en même temps un pied-de-nez à leurs détracteurs. L’album connaît un succès supérieur au précédent, alignant même plusieurs succès aux différents palmarès. “Germaine", “Aux Illinois", “La complante du maréchal Biron" et surtout “Victoria" deviennent des pièces de référence et des chansons que les animateurs de bars férus de répertoire québécois reprennent à satiété, au même titre que les nouveaux succès de Beau Dommage, Harmonium, Paul Piché ou Plume Latraverse. Le groupe se produit en spectacle un peu partout au Québec et au Canada, s’aventurant même en Europe et au Moyen-Orient. L’album “Garolou“ est sacré disque folklorique de l’année lors de la première remise des Félix en 1979. “Romancero“ reçoit le même honneur l’année suivante. Ce troisième album apporte de nouvelles couleurs au répertoire du groupe. À titre d’exemple, le violon de Bobby Lalonde ajoute une légère touche mexicaine à “La danse de la limonade", une chanson de source louisianaise. “Sur le bout du pont" et “Dans Paris" deux joyaux d’origine typiquement française viennent enrichir à leur tour le corpus du groupe.

En 1981, Garolou se joint à Zachary Richard et à Offenbach pour une tournée estivale patronnée par Québec Rock qui les mène dans dix-neuf villes, de Moncton à North Bay. Cette caravane musicale à l’américaine déplaçant une quarantaine de personnes est un événement sans précédent à l’échelle locale. Se produisant dans des arénas ou des auditoriums, la tournée effectue ses dernières escales au Forum à Montréal, au Palais des Sports à Sherbrooke et au Colisée à Québec avec en vedette américaine supplémentaire le britannique Joe Cocker.

Désireux de poursuivre leur démarche musicale et de mettre à l’épreuve leurs talents d’auteurs compositeurs, les cinq musiciens concoctent un album entier de chansons inédites “Centre-ville“ en 1982. La pièce “Tu ouvres la porte", dont le rythme reggae affiche ce parti-pris de renouvellement, connaît une certaine diffusion mais les ventes de l’album sont beaucoup plus modestes que pour les disques précédents. Ce demi-échec et la conjoncture générale du monde du spectacle en ce début des années quatre-vingt sont des facteurs déterminants qui amènent la dissolution du groupe, après une ultime tournée en 1983. Les membres de Garolou entreprennent des chemins différents mais conservent une solide amitié.

Il faudra attendre dix ans avant que, sentant à nouveau l’appel des planches, ces musiciens-chanteurs n’effectuent un premier spectacle (la Nuit sur l’étang à Sudbury) puis une nouvelle tournée estivale, profitant de leurs quelques semaines de vacances respectives. L’accueil est délirant et l’expérience est répétée à quelques reprises les années suivantes. En 1995, leurs passages au Théâtre de la Ville à Longueuil sont enregistrés et permettent la réalisation d’un album en public intitulé “Réunion“ deux ans plus tard. Nouvelle tournée, nouvelles idées, le groupe entre en studio pour graver de nouvelles chansons d’inspiration traditionnelles qui paraissent à l’automne 1999 sous le titre “Mémoire vive“.

Le groupe est constitué de:

  • Michel Deguire: batterie
  • Gaston Gagnon: guitares (depuis 1980)
  • Réginald Guay: claviers, voix (depuis 1977)
  • Marc Lalonde: basse, guitare, voix
  • Michel Lalonde: guitares, voix

Le groupe a aussi compté dans ses rangs:

  • Georges Antoniak: guitare, voix (1975-1978)
  • Gilles Beaudoin: guitare, voix (1978-1980)
  • Stephen Naylor: claviers, voix (1975-1977)

© Richard Baillargeon, Roger T. Drolet, 2015, qim.com

Œuvres populaires

Albums

Titre Année Artiste(s)
Lougarou 1976 Garolou
Garolou 1978 Garolou
La retraite de bonaparte 1978 Garolou
Victoria 1978 Garolou
La complainte du maréchal biron 1978 Garolou
Romancero 1980 Garolou
La danse de la limonade 1980 Garolou
Dans paris / quand j’étais garcon 1980 Garolou
Profil 1981 Garolou
Centre-ville 1982 Garolou
Tableaux d’hier, volume 2 1991 Garolou
Tableaux d’hier, volume 1 1991 Garolou
Réunion 1997 Garolou
Mémoire vive 1999 Garolou